Joseph Haydn (1732 – 1809)
La Sinfonia concertante s’ouvre sur un Allegro aux proportions imposantes, conçu pour permettre aux solistes de briller, ceux-ci n’attendant pas la fin de l’exposition orchestrale pour se faire entendre. Le long développement fait la part belle au mode mineur, teintant l’effervescence initiale d’une certaine mélancolie. Conscient de l’impossibilité pour quatre interprètes d’improviser librement, Haydn réalise entièrement la cadence du mouvement. Dans l’Andante, qui pourrait passer pour une page de musique de chambre, les solistes dialoguent entre eux, soutenus par un contingent réduit de cordes et de vents, qui n’interviendront que lors d’un court interlude. Le rondo s’ouvre sur un thème fougueux, rapidement interrompu par le violon solo qui propose un passage opératique. L’impétueux mouvement reprend ensuite ses droits, permettant aux quatre musiciens de démontrer leur virtuosité.
Les animateurs des Professional Concerts souhaitant séduire les mêmes publics qui s’étaient massés l’année précédente aux concerts organisés par Salomon, ne trouvèrent rien deplus original que de faire venir de Strasbourg l’ancien élève de Haydn, Ignace Pleyel, et d’organiser une série de concerts conjoints dans lesquels les amateurs de musique pourraient comparer les styles des compositeurs, les deux présentant le même soir des œuvres semblables.
Curieux duel musical donc entre ces musiciens qui se portaient bien évidemment un immense respect et ne voyaient nullement l’utilité de quantifier les acquis de l’un ou l’autre. Haydn composera néanmoins pour ces concerts six nouvelles symphonies et la Sinfonia concertante.
Épuisé par les diverses requêtes et la vie harassante qu’il menait dans la capitale anglaise, il rentrera à Vienne en juillet de la même année. Il devait notamment donner quelques leçons à un certain Ludwig van Beethoven, arrivé quelque temps auparavant de Bonn…